Archives mensuelles : janvier 2014

Si Beedle nous était conté

Pour beaucoup le 21 juin 2007 a été vécu comme une véritable fête. Le dernier tome de la merveilleuse série Harry Potter était publié, mettant fin à un suspens insoutenable cultivé depuis 10 longues et merveilleuses années. Cependant, découvrir le fin mot de l’histoire voulait dire NE PLUS JAMAIS parcourir pour la première fois les aventures de nos jeunes amis sorciers. Never. Cette fantastique relation qui nous liait à ce monde magique prenait fin avec larmes et cris.

C’est pourquoi j’ai été ravie de découvrir que JK Rowling la merveilleuse avait écrit un nouveau livre qui découlait de sa saga littéraire, Les contes de Beedle le Barde. Publié en 2008, je n’ai eu vent de son existence qu’en novembre dernier. Le glas de la honte sonne depuis sur moi.

Auparavant notre écrivain favori avait déjà écrit deux livres issus de Harry Potter : Les animaux fantastiques : vie et habitat des animaux fantastiques et Le Quidditch à travers les âges. Tous deux reprenaient des titres d’ouvrages bien célèbres dans le monde des sorciers, à lire et à emprunter notamment à la bibliothèque de Poudlard. Néanmoins ce livre de contes est de loin le meilleur des trois.

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contes beedle le barde

Le fameux ouvrage

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Pour l’incurable fan d’Harry Potter que je suis, Les contes de Beedle le Barde composent tout simplement un moment de sursis inattendu et hautement apprécié avant que les portes de l’univers magique ne se referment définitivement derrière moi. Cet ouvrage est lui aussi édité comme s’il s’agissait d’un véritable livre imprimé par les soins des sorciers. Et qui plus est dans les temps anciens. Il répertorie 5 contes imaginés par (pour ceux qui ne verraient vraiment pas où je veux en venir) le barde Beedle :

  • Le sorcier et la marmite sauteuse,
  • La fontaine de la bonne fortune,
  • Le sorcier au cœur velu,
  • Babbitty Lapina et la souche qui gloussait,
  • Le conte des Trois Frères.

Dans l’univers magique, la célébrité de ses fables équivaut à celles de nos Grimm ou Perrault.

Ces histoires courtes sont très agréables à lire. Poétiques, munies d’une petite morale dont JKR a le secret et parfois drôles, elles se dévorent très rapidement et avec beaucoup de plaisir. Plus en tout cas, que ce à quoi l’on pourrait s’attendre.

Malgré la qualité des contes, l’atout majeur du livre est indubitablement les commentaires qu’Albus Dumbledore est supposé y avoir laissés. Car voyez-vous, l’exemplaire que nous avons entre les mains n’est autre qu’une copie de l’ouvrage de feu le directeur de Poudlard, celui-là même qu’il a légué à Miss Hermione Granger dans son testament. Fidèle à lui-même, ce grand sorcier a glissé de ci de là des petites anecdotes farfelues et acerbes et nous laisse entrapercevoir l’étendue de sa culture du monde de la sorcellerie.

Hermione nous fait aussi l’honneur d’y avoir saupoudré quelques remarques. Celles-ci se justifient par le fait que son exemplaire original était en Runes (un ancien dialecte écrit de sorcellerie) et parceque c’est elle qui l’a traduit (parce qu’elle est trop forte). Toujours à propos et reflétant bien son personnage, elles ponctuent joliment notre lecture.

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books by jk rowling

The original.

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Alors que ce livre aurait pu être parfait laissé tel quel, JK Rowling, sûrement par amour pour l’univers qu’elle a créé de toute pièce, n’a pu s’empêcher d’y ajouter son grain de sel. C’est ainsi que dans notre exemplaire des Contes de Beedle le Barde, nous retrouvons également ses notes et ses appréciations. WTF ?! Tout se passait si bien jusque là ! Elle avait réussi à écrire un livre, s’inscrivant presque dans un projet transmédia, et qui ne ressemblait PAS à un produit dérivé mais bel et bien à un véritable objet qui nous rapprochait de Poudlard et de son monde magique. Pour un peu avec ce livre dans les mains, on reprenait espoir en rêvant à nouveau du hibou qui nous amènerait notre lettre pour intégrer l’école de sorcellerie.

Mais grâce à cet excès d’égocentrisme de JK Rowling, c’est fichu (merci Bernard). L’intervention de l’auteur casse tout, nous rappelant que ce que nous avons dans les mains n’est pas un ouvrage légendaire mais une publication un peu commerciale sur les bords que nous avons tous trouvée à la Fnac.

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Mis à part ça, Les contes de Beedle le Barde sont très bien écrits et ont le mérite de prolonger encore un peu notre histoire avec Harry Potter. Une lecture parfaite pour les longues soirées d’hiver passées au coin du feu. Ou dans la salle commune de Gryffondor assis dans l’un des gros fauteuils en cuir défoncés, accompagné d’une bière au beurre.

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Yves Saint Laurent, la révélation de l’année

Oh, je sais bien que 2014 ne compte pour l’instant que 12 jours à son actif et que les 353 autres restants sont tout aussi susceptibles de nous apporter un bon lot de surprises culturelles. Mais aussi étonnantes et ébouriffantes que le biopic du célèbre couturier Yves Saint Laurent sorti ce mercredi 8 janvier, j’ai bien peur que non.

Tout d’abord les adaptations de vie de personnalités publiques au cinéma sont très souvent riches en émotions. J’avais adoré Gainsbourg (Vie héroïque) avec Eric Elmosnino, à l’époque où il savait mieux choisir ses films. Même Cloclo qui pouvait pourtant promettre une certaine kitscherie s’était révélé plaisant. Il n’y a que La môme qui m’avait laissée indifférente (et le fait que j’apprécie Marion Cotillard autant qu’un gros plat d’huîtres sous mon nez au lendemain d’un soir de beuverie n’obscurcit absolument pas mon jugement).

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affiche yves saint laurent

Même l’affiche du film est au top.

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Yves Saint Laurent les dépasse toutes de tellement loin ! La vie du styliste, riche de rencontres fascinantes et remplie de talent, nous promettait déjà de passer un bon moment. Cependant la qualité de ce film se doit surtout à ses deux acteurs principaux, Pierre Niney et Guillaume Gallienne, tous deux comédiens de l’Académie Française la Comédie Française, qui portent le film du début à la fin avec une justesse incroyable.

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pierre niney guillaume gallienne

Les voilà, nos deux acolytes !

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Dès la minute où j’ai aperçu ce mignon petit Pierre incarner Yves Saint Laurent, j’ai été bluffée. Tellement loin de l’image que l’on a de lui habituellement, il était dans son personnage jusqu’au bout des doigts. La dernière fois que je l’avais vu au cinéma, c’était dans 20 ans d’écart. Déjà j’avais trouvé qu’il évoluait très bien dans son rôle. Mais disons que son caractère plus « normal » et plus proche de la réalité était moins étourdissant. Aujourd’hui, à des kilomètres du gauche Balthazar qu’il interprétait alors, il campe un Saint Laurent non seulement crédible mais particulièrement troublant.

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films avec pierre niney

A gauche notre ami Pierre dans 20 ans d’écart. A droite dans Yves Saint Laurent.

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Et que dire de ce bon vieux Guillaume Gallienne ? Ah ça, à la Comédie Française, ils doivent être fiers de leurs rejetons, parce que l’acteur qui s’est récemment illustré en tant que bon réalisateur dans Les garçons et Guillaume, à table ! n’est pas en reste dans le biopic. Il joue un Pierre Bergé qui -et je l’affirme même si je n’ai pas eu la chance de connaître le gus en question- me semble tout a fait bien retranscrit. Lui aussi est surprenant. Ses airs de garçon ahuri et mal assuré sont bien loin derrière lui. Ici homme d’affaires direct et audacieux, il ne recule pas devant ses projets.

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films avec Guillaume Gallienne

Salut Guillaume !

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Ceci dit de bons acteurs ne font pas tout. Si Yves Saint Laurent m’a autant plu, c’est parce que le scénario et la réalisation sont eux aussi excellents. C’est avec délice que l’on découvre au début du film les coulisses des ateliers de haute couture de la fin des années 50. Un tout autre monde s’ouvre à nous, bien loin de l’univers sur-médiatisé auquel on est aujourd’hui habitué.

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costumes yves saint laurent

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La progression des créations d’Yves Saint Laurent et du domaine de la mode est passionnante à observer, bien que peu à peu la vie privée d’Yves (oui moi je l’appelle par son p’tit nom) prenne peu à peu le pas dans le film sur sa vie professionnelle. Mon premier instinct en fut un chouïa déçu, avide d’en apprendre plus sur l’envers du décor de la haute couture.

Cependant mon amie Olympe me faisait finement observer que l’évolution personnelle du couturier a directement influencé son parcours artistique. Pour comprendre d’où il a tiré ses influences, comment il a pu ré-inventer le vestiaire féminin ou se défaire de tous les codes qu’on lui avait inculqués, il est majeur de la connaître.

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dessins YSL

Quelques croquis d’Yves.

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L’histoire d’amour entre Yves Saint Laurent et Pierre Bergé, qui dirigea les affaires de la maison de mode du début à la fin, est aussi intéressante. Fleurs bleues s’abstenir : lorsqu’on est un génie et qu’en plus on évolue dans l’univers fantasque des années 70, tout n’est pas rose.

Ainsi, comme le fut Yves Saint Laurent lors de ses premiers pas en tant que directeur artistique pour la maison Christian Dior, Yves Saint Laurent – le film, sera très certainement la révélation cinématographique 2014.

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